La schizophrénie expliquée aux schizophrènes...

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Les signes positifs de la schizophrénie

 

On parle de signes positifs (au sens de "en plus")
parce que ce sont les signes qui sont les plus visibles,
un peu comme le sommet d'un iceberg.


Le patient ressent des choses nouvelles :
hallucinations, sensations corporelles étranges, délire...

 

 

Attention !

Les explications que nous vous donnons ici ne sont pas à prendre comme des vérités absolues. Plusieurs théories sont proposées pour expliquer la schizophrénie, et personne ne peut affirmer qu'il détient la vérité. A la fin de cette page, nous vous proposons un petit tour d'horizon des théories existantes (non exhaustif) pour vous aider à vous faire votre propre opinion.

Bien entendu, personne mieux que les malades eux-mêmes ne peut dire ce que c'est que le délire ou les hallucinations. Raison de plus pour vous faire entendre et parler de vos symptômes aux personnes responsables de vos soins.

 

 

LE DELIRE

Le délire est une croyance en une ou plusieurs idées fausses, sans lien ou même en opposition avec la réalité. Le malade est convaincu de ce qu’il pense, quoiqu’on puisse lui dire.

Souvent, les idées délirantes ont leur point de départ dans les sensations nouvelles qu'expérimente le malade.

Il semblerait que le délire soit la solution que trouverait inconsciemment le malade pour donner du sens à ce qu'il est en train de vivre. Par exemple, un malade qui entend des voix peut penser qu'il est espionné et en déduire qu'il est une divinité (délire mystique). Celui qui ressent des modifications corporelles peut penser qu'il a été victime d'expériences médicales secrètes (délire de persécution). Un autre malade qui ressent qu'il peut lire les pensées des autres peut s'imaginer qu'il a des pouvoirs magiques et qu'il peut influencer la marche du monde (délire de grandeur).

Hallucinations et délire sont produits par le malade lui-même, même s'il n'en a pas conscience. Le thème du délire a donc forcément un lien, même lointain ou bizarre, avec son histoire personnelle. Il semblerait qu'un déséquilibre au niveau des neurotransmetteurs (notamment la dopamine) puisse être à l'origine des hallucinations.

Plus le temps passe, plus les idées délirantes s'enracinent dans le vécu du malade, au point de devenir comme une réalité, à laquelle il croit de manière définitive. Il est alors inutile d'essayer de lui démontrer l'incohérence de ses convictions. Elles sont pour lui aussi vraies que les lois de la physique pour un scientifique. C'est pour cela qu'il est important de débuter le traitement aussitôt que possible.

Très souvent les idées délirantes sont basées sur une mauvaise compréhension des intentions d'autrui.
La schizophrénie apparaît de plus en plus comme une pathologie de la relation aux autres.
On parle alors d'un déficit de "théorie de l'esprit". (On appelle théorie de l'esprit la capacité à comprendre les intentions d'autrui). Certaines techniques de remédiation cognitive aident d'ailleurs le malade à ré entraîner cette fonction.

 

Le délire n'est pas spécifique de la schizophrénie.

Ce n'est pas parce que vous avez souffert d'un délire à un moment de votre vie que vous êtes schizophrène. Il est tout à fait possible de souffrir de délire sans être schizophrène.

De nombreuses personnes traversent une fois dans leur vie ce que l'on appelle une bouffée délirante aiguë sans pour autant développer de schizophrénie.

Certaines personnes atteintes de ce que l'on appelle maladie bipolaire peuvent aussi expérimenter des périodes délirantes.

Certaines drogues peuvent aussi occasionner un délire, ainsi que des maladies non psychiatriques comme certaines tumeurs, ou l'épilepsie...

N'oublions pas que la schizophrénie est un syndrome qui regroupe plusieurs catégories de symptômes : des signes positifs, négatifs et de désorganisation. L'existence d'un délire n'est pas suffisant pour établir un diagnostic de schizophrénie.

 

                         

LES HALLUCINATIONS

C’est la perception de quelque chose qui n’existe pas dans la réalité.

Il existe plusieurs types d’hallucinations :

Les voix

De nombreux malades entendent des voix. Ce sont des hallucinations verbales. C’est un symptôme très fréquent, qui touche, à un moment ou un autre, presque tous les schizophrènes.(Plus de précisions à la page "voix".)

Il arrive aussi que des malades aient des hallucinations visuelles, parfois même olfactives (odeurs perçues qui n'existent pas dans la réalité), mais c'est assez rare.

Les sensations corporelles

Elles touchent toutes les parties du corps. Des malades parlent par exemple de sensation de chaleur à l'intérieur. Certains peuvent avoir l'impression qu'ils ont perdu un organe, que leur tête est prise en étau, qu'ils vont éclater...

Certaines personnes ont la certitude que leur corps ou leur visage présente une difformité alors que ce n'est pas du tout le cas. Rien ne peut les convaincre du contraire. Elles peuvent ainsi passer des heures à s'observer dans un miroir et être obsédées par cette idée en permanence. On appelle ce symptôme la dysmorphophobie.

L' automatisme mental

On appelle ainsi toute une série de symptômes en rapport avec l'impression d'une perte de contrôle sur ses pensées.

Certains malades ont l'impression qu'on peut lire leurs pensées (diffusion de la pensée)...
D'autres pensent qu'on vole leurs pensées
(vol de la pensée)...
Certains ont la sensation que des pensées leurs sont imposées contre leur volonté
(pensées imposées)...
Certains enfin pensent qu'ils peuvent lire les pensées des autres.

Certains malades ont même la sensation qu'une force extérieure contrôle leurs actions
(syndrome d'influence).

Ces sensations sont souvent très angoissantes.
De nombreux malades en souffrent.
Il ne faut pas hésiter à en parler à votre médecin, qui peut vous aider.

 

                                                                                                               
 

différentes théories explicatives du délire

et des hallucinations

 

Les explications données ci-dessus ne sont pas admises par toutes les écoles de pensées de la santé mentale. Il est évident que personne ne possède encore les réponses définitives à toutes les questions que soulève la schizophrénie.

On peut dire qu'il existe actuellement un débat sur les rapports entre délire et hallucinations.

è Nous avons présenté ici les hallucinations comme un processus primaire, qui donne naissance au délire dans un second temps. Cette idée n'est pas admise de tous les professionnels. Pour beaucoup, les hallucinations ne sont qu'un des éléments du délire parmi d'autres.

è Nous avons mis en avant une explication du délire que l'on pourrait qualifier de "neurocognitive". D'autres explications sont possibles. Depuis Freud, beaucoup pensent que le délire est un processus mis en place inconsciemment par le malade pour se défendre contre le caractère insupportable de son vécu.

è  Le délire peut aussi être considéré comme un processus secondaire à la dissociation. Le malade a perdu les limites de son moi. Il ne fait plus la différence entre ce qui est lui et ce qui est le monde extérieur.

 

 

 

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