La schizophrénie expliquée aux schizophrènes


Du point de vue psychologique



Personne n'est à blâmer pour votre maladie.
Ce n'est pas votre faute, ni celle de votre famille.


Si l'on admet la notion de vulnérabilité, on comprend bien que les stress de toutes natures peuvent accroître le risque de développer la schizophrénie. Les chiffres montrent par exemple de nombreux facteurs de risque psychosociaux qui contribuent à la fragilisation :

- des conditions de vie difficiles, comme la grande pauvreté ou les migrations entraînant une coupure brutale d'avec la culture d'origine...

- avant la naissance, le stress maternel : grossesse non désirée, décès du père pendant la grossesse, conflits graves...

- dans l'enfance et la petite enfance, les traumatismes, les séparations, la perte d'un parent, particulièrement avant l'âge de 9 ans, le fait d'être élevé par un parent schizophrène,...

- Par la suite, les circonstances de la vie, les deuils, les ruptures, la prise de drogues (notamment le cannabis) peuvent avoir une influence sur l'apparition des troubles (même si parfois on ne retrouve aucun élément déclenchant).

Les schizophrènes sont hypersensibles à leur environnement. Ils ont besoin d'une vie stable et régulière, bien structurée. Il est très important de limiter autant que possible les sources de stress.


 
La part de la génétique

Plusieurs recherches ont mis en évidence l'existence d'un facteur génétique dans la schizophrénie.

Par exemple, le risque de développer une schizophrénie est de 1% dans la population générale mais il serait d'environ 12% si un des parents est schizophrène, et de 36% si les deux parents sont schizophrènes.

Cependant, les choses ne sont pas aussi simples que ces chiffres pourraient le laisser penser. Si la génétique a bien une part, elle est loin d'être le seul déterminant.

Si les facteurs génétiques constituent probablement une fragilité, il n'empêche que cette fragilité peut être compensée par un milieu familial équilibré. C'est ce que montrent des études faites auprès d'enfants adoptés. Dans le cas d'un enfant dont la mère biologique est schizophrène mais qui a été élevé par des parents adoptifs non schizophrènes le risque de développer la maladie n'est plus que de 5%. Cela montre que le poids de l'environnement est au moins aussi important que celui de la génétique.

Tout ce qu'ont pu démontrer les recherches sur la génétique, c'est que la schizophrénie a des causes multiples, et que de nombreuses pistes de traitement et de prévention sont donc envisageables.





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