| La schizophrénie expliquée aux schizophrènes |
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Du point de vue biochimique
Les neurotransmetteurs sont des substances qui permettent aux neurones d'envoyer et de recevoir des messages. Il y a des dizaines de neurotransmetteurs en action dans le cerveau qui interagissent les uns avec les autres. Dans la schizophrénie, on note des taux anormaux d'un neurotransmetteur en particulier: la dopamine. Quand on fait artificiellement augmenter le taux de dopamine d'une personne qui n'est pas schizophrène (par exemple avec des amphétamines), on obtient des symptômes qui ressemblent aux symptômes positifs de la schizophrénie (hallucinations, délire). Dans certaines parties du cerveau, les taux de dopamine seraient anormalement élevés et produiraient des signes positifs comme les hallucinations. Dans d'autres parties du cerveau au contraire, les taux de dopamine seraient trop bas, ce qui produirait les signes négatifs et la désorganisation. Les neuroleptiques agissent en régulant le taux de dopamine. Néanmoins si l'on a pu parler jusqu'à récemment d'une hypothèse dopaminergique de la schizophrénie, on sait aujourd'hui que les choses sont certainement beaucoup plus compliquées que cela. D'autres neurotransmetteurs sont certainement aussi impliqués : on sait par exemple aujourd'hui que le taux de glutamate est aussi trop élevé. D'autres neurotransmetteurs, comme la sérotonine, l'acétylcholine, la noradrénaline ou le GABA ont certainement également un rôle dans la schizophrénie. Nous citerons ici M. Saoud et T. D'Amato dans leur passionnant ouvrage La schizophrénie de l'adulte - Des causes aux traitements : "Autant le reconnaître, au stade actuel des connaissances, tout semble interagir avec tout le reste, sans qu'il soit aujourd'hui possible de déterminer si ces dysrégulations interactives tirent leur origine d'une source simple ou déjà complexe."
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